« Le véhicule autonome peut avoir une âme »

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Gilles Vidal, le directeur du style Peugeot, a reçu l’Award 2017 de l’innovation dans la catégorie concept car pour le modèle Instinct, remis par le magazine Auto Moto. Il explique les particularités de ce projet qui permet d’explorer le futur de la mobilité.

Peugeot News : Quel était l’objectif du concept car Peugeot Instinct ?

Gilles Vidal : Le but était de présenter la vision de Peugeot de la conduite autonome, pas seulement techniquement mais aussi en termes d’expérience. Nous voulions montrer que le véhicule autonome pouvait avoir du caractère, être autre chose qu’un robot sans âme. Nous avons travaillé sur le plaisir de conduire lorsque l’on prend la main, et sur différentes sensations lorsque l’autonomie est activée : dynamique, affûtée à pleine vitesse ou au contraire, fluide, coulée, lorsque l’on veut lire. Autant de comportements que l’être humain ne serait pas capable de reproduire.

Et concernant le design extérieur ?

G.V : On voit beaucoup de modèles en forme de cube pour la ville, car la vitesse y est limitée. Mais on peut avoir des voitures faites pour voyager à la silhouette aérodynamique, et c’est justement ce que l’on voulait montrer avec Instinct.

Quel est le potentiel du véhicule autonome pour le grand public ?

G.V : On estime qu’une heure par jour en moyenne est perdue dans les embouteillages en Île-de-France. Une heure de vie qui pourrait être employée à travailler, à visionner des écrans, mais pas seulement. Chez Peugeot on croit au grand retour des objets physiques et on imagine des intérieurs où l’on peut s’entourer de magazines, de livres, de plaids…

L’automobile pourrait devenir un salon sur roue ?

G.V : Tout à fait. On peut pousser la logique jusqu’à envisager une pièce d’habitation qui se déplace, dans laquelle l’utilisateur pourrait choisir sa décoration. Pour Instinct, nous avons posé une fine pellicule de béton au sol, comme dans les lofts contemporains. Au niveau du textile, nous avons utilisé une technique de tissage numérique venue des chaussures de sport, qui apporte du confort, du maintien et une esthétique intéressante pour l’automobile.

En termes de véhicules utilitaires, les villes vont-elles se remplir de camionnettes de livraison sans chauffeurs ?

G.V : Certaines grandes villes ont déjà des navettes de niveau 5 (en autonomie totale) sur des parcours complètement fermés. Techniquement toutes les solutions existent déjà mais la mise en service dépend des décisions des pouvoirs publics. Au-delà du niveau 3, les systèmes ne sont pas encore autorisés.

Quel est le rythme de création d’un concept car et que vous apprend-il sur le design automobile ?

G.V : Nous concevons un projet par an, qui nous occupe environ toute l’année. Chacun permet d’explorer des sujets majeurs comme les moteurs hybrides ou l’autonomie. Ce sont des outils d’exploration du futur de l’automobile qui nous poussent à expérimenter et nous permettent d’observer les réactions lors de leur présentation au grand public. Il est arrivé qu’un concept car soit produit quasiment tel quel, le coupé RCZ en 2009, mais cela reste exceptionnel.

 

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