Jeu vidéo : Un laboratoire du futur pour les sports mécaniques ?

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En quelques semaines plusieurs jeux dédiés aux sports mécaniques sont sortis sur console. Comment un constructeur y place ses véhicules ? Comment cela se passe en coulisse ? Réponse avec Kylotonn, un développeur de jeu spécialisé dans le domaine.

Vous détenez la licence d’exploitation officielle WRC depuis 2014 et vous avez lancé WRC 7 en septembre dernier. Comment débute la relation entre le développeur qui souhaite intégrer un véhicule dans son jeu et le constructeur de ce véhicule ?

Roman Vincent : La première étape est d’acquérir une licence d’exploitation pour utiliser un ou plusieurs véhicules d’une marque dans le jeu. La gestion de ces licences est prise en charge soit par l’éditeur du jeu, soit par le studio de développement, soit par un agent indépendant spécialisé. Il y a bien sûr quelques subtilités. Dans le cas de certaines disciplines comme le WRC, les droits des véhicules n’appartiennent pas toujours à la marque, mais aussi parfois à l’écurie.

Est-il difficile de convaincre les marques de confier leurs véhicules ?

RV : Les cas sont très variables en fonction des constructeurs, mais aussi des studios de développement ou encore des accords d’exclusivité qui peuvent exister. Dans notre cas, dès le moment où nous avons acquis la licence officielle WRC, des portes se sont ouvertes, car les constructeurs avec qui nous parlons ont été rassurés. La relation est généralement de plus en plus simple, car ils s’ouvrent de plus en plus à l’industrie numérique et vidéoludique. Ils ont conscience que leur présence dans un jeu offre de la visibilité.

Concrètement, comment intègre-t-on un véhicule dans un jeu ?

RV : Après avoir choisi les véhicules que nous souhaitons et défini les conditions financières pour leur utilisation, les constructeurs nous envoient, dans le meilleur des cas, les plans complets pour chaque modèle. Nous les modélisons et nous faisons valider notre travail auprès du constructeur. Cette étape ne concerne que le design extérieur, voire certains éléments sonores, comme le bruit des moteurs, afin d’être le plus fidèle possible. Dans certains cas, nous complétons les éléments envoyés par le constructeur par une recherche documentaire additionnelle.

Les constructeurs valident-ils le comportement de la voiture dans le jeu ?

RV : Non. L’étape de validation ne concerne pas la partie dynamique. Nous faisons nous même les réglages sur chaque véhicule, avec une attention particulière sur deux points importants : ne prendre aucun parti pris et rester réaliste. Pour ce second point, nous travaillons en étroite collaboration avec des consultants, lesquels sont de vrais pilotes. Les marques de voiture, mais aussi de pneumatiques, nous font confiance dans ce domaine.

Le processus est-il identique dans le cas d’un concept-car ?

RV : Les règles d’obtention d’une licence d’exploitation pour un concept-car ne changent pas. Comme pour les modèles existants, c’est généralement l’éditeur ou le développeur qui fait le premier pas auprès du constructeur. En revanche, intégrer un concept car dans un jeu vidéo relève du relationnel, car les éléments dévoilés sont souvent inconnus du grand public. Il faut donc créer une relation de confiance, afin d’accéder au maximum d’informations possible, lesquels nous sont essentiels pour donner à vie au concept-car.

 

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