Voiture autonome : Où en sont les constructeurs ?

55
0
La voiture autonome n’a jamais autant fait parlé d’elle. Pour mieux saisir ses enjeux et ses avancées technologiques, Peugeot News a rencontré Bertrand Gay, fondateur et directeur de la rédaction de la lettre AutoStratInternational

La voiture autonome n’a jamais autant fait parlé d’elle. Pour mieux saisir ses enjeux et ses avancées technologiques, Peugeot News a rencontré Bertrand Gay, fondateur et directeur de la rédaction de la lettre AutoStratInternational

Peugeot News : Depuis quand parlons-nous de voiture autonome ?

Bertrand Gay : L’idée de voiture autonome est apparue de plus en plus clairement au fil des dix dernières années. Ses racines sont même plus profondes et plongent dans le programme européen Prometheus dont les travaux se sont achevés en 1994. Ce programme visait à améliorer la circulation et la sécurité routière par l’intégration de technologies avancées souvent issues des secteurs aéronautiques et militaires. La direction est clairement définie mais l’industrie automobile ne sait pas encore comment y arriver à des coûts raisonnables.

Peugeot News :  Quelles ont été les premières innovations mises en place ?

B.G. : Très vite, il est apparu que la vision portée par ce programme devait passer par une mise en place progressive, à la fois pour des questions de coûts et de demande des automobilistes. Les premiers systèmes d’aide à la conduite apparaissent dès le milieu des années 90 avec les capteurs de pluie qui déclenchent automatiquement les essuie-glaces et les radars de recul qui facilitent les manœuvres de parking. Puis sont apparus en 2003, les premiers régulateurs de vitesse actifs disposant d’un radar. Petit à petit, les briques technologiques se sont mises en place.

Peugeot News  : Qu’est ce que la «conduite déléguée» ?

B.G. : Avec les progrès de l’électronique et l’évolution des technologies, il est désormais possible de faire rouler une voiture de manière autonome dans la circulation. L’an dernier, un démonstrateur du groupe PSA a ainsi rallié Paris à Bordeaux sans intervention de son conducteur devenu passager pour la circonstance. Tout l’enjeu est de proposer un système qui fonctionnera de manière sûre à 100 %. Voici pourquoi, nous entrons dans une époque au cours de laquelle les constructeurs parlent de « conduite déléguée ». Il s’agit de phases de conduite simples au cours desquelles le conducteur laisse la voiture décider à sa place, sur autoroute où tous les véhicules roulent dans le même sens ou en ville à très faible allure.

Peugeot News: Finalement, la voiture semble prête, qu’en est-il de l’automobiliste?

B.G. : C’est en effet, la question majeure. Tout d’abord, notons que plus de 90 % des accidents sont causés par une erreur humaine telle une appréciation erronée de la situation qui mène à une mauvaise décision. Mais, l’automobiliste a du mal à reconnaître sa responsabilité.  De plus, les technologies sont en avance sur ce que désire actuellement le conducteur. Mais le mouvement est lancé. Ainsi, en plus des systèmes d’alerte sur le maintien de la voiture dans une file, qui sont désormais assez répandus, de nombreuses voitures sont désormais capables de freiner automatiquement à basse vitesse en ville.

Peugeot News : Quand imaginez-vous que nous pourrons acheter une voiture entièrement autonome ?

B.G. : Pour passer de la fonction utile telle que proposée actuellement à une automatisation totale, il faut garantir une fiabilité sans faille. L’industrie automobile vise moins d’un défaut d’analyse et de fonctionnement pour un milliard de kilomètres parcourus. Voilà pourquoi, les premières voitures totalement autonomes et sûres pourraient être proposées par les constructeurs généralistes à partir de 2021.

Laisser un commentaire